15.10.2026

Santé mentale: investir aujourd’hui pour éviter des coûts demain

Longtemps perçue comme une problématique relevant exclusivement de la sphère privée ou médicale, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour les entreprises. Stress chronique, anxiété, épuisement professionnel ou dépression peuvent affecter durablement la capacité de travail des collaborateurs et générer des conséquences importantes pour l’organisation. Au-delà de leur impact humain, les troubles psychiques représentent également un coût significatif pour les employeurs, les assureurs et l’ensemble du système de santé.

Selon les statistiques de l’Assurance Invalidité, plus de 50% des rentes d’invalidité découlent de troubles psychiques. Dans ce contexte, une question mérite d’être posée : la prévention en matière de santé mentale n’est-elle pas l’un des investissements les plus rentables qu’une entreprise puisse réaliser ? Il s’agit non seulement de réduire les arrêts maladie, mais aussi de diminuer les coûts engendrés.

  1. Un défi humain… et économique
  2. Quelles actions les employeurs peuvent-ils mettre en place ?
  3. La prévention est aussi une stratégie de maîtrise des coûts

 

1. Un défi humain… et économique

Lorsqu’un collaborateur rencontre des difficultés psychiques, les conséquences ne se limitent pas aux frais médicaux. L’entreprise subit une baisse de productivité, les collègues une surcharge de travail, entrainant une hausse du turnover, parfois une perte de savoir-faire, et une augmentation des coûts de recrutement et d’assurance.

Comme le déclare Michael Bolt au quotidien Le Nouvelliste, le coût moyen des indemnités perte de gain maladie a grimpé de 25% entre 2020 et 2025. Plus les arrêts maladie d’une entreprise sont nombreux, plus les primes de l’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie augmentent : certaines entreprises paient ainsi un taux 3 à 4 fois supérieur à la moyenne cantonale.

La santé mentale n’est donc plus uniquement une question de bien-être : elle influence directement la productivité et la stabilité de l’entreprise.

Agir avant que les difficultés ne s’installent

Lorsqu’un problème est identifié précocement, les possibilités d’intervention sont souvent plus nombreuses et les perspectives de rétablissement plus favorables.

À l’inverse, lorsqu’une situation se détériore progressivement pendant plusieurs mois sans être abordée, les conséquences peuvent devenir beaucoup plus lourdes pour le collaborateur comme pour l’entreprise.

La prévention constitue donc un levier essentiel.


Un meilleur accès aux soins, mais un débat toujours d’actualité

En Suisse, depuis juillet 2022, les psychothérapeutes peuvent exercer sous leur propre responsabilité professionnelle sur prescription médicale et facturer leurs prestations à l’assurance obligatoire des soins. Cette évolution visait à faciliter l’accès aux traitements psychothérapeutiques.

Or la commission de la santé du Conseil national souhaite aujourd’hui durcir l’accès au remboursement des soins de psychothérapie par l’assurance maladie obligatoire. Et pour cause : les remboursements de psychothérapies ont presque doublé, d’un peu plus de 500 millions de francs en 2021 à plus de 900 millions en 2024.

Selon les évaluations publiées par les autorités fédérales, l’accès à la psychothérapie s’est effectivement amélioré et le nouveau modèle est globalement considéré comme une réussite par les professionnels et les patients.

Pour les employeurs, une autre interrogation se pose toutefois : quel est le coût d’une prise en charge trop tardive ?

 

2. Quelles actions les employeurs peuvent-ils mettre en place ?

L’organisation du travail et la culture d’entreprise peuvent jouer un rôle déterminant dans la préservation de la santé mentale.

Former les managers à détecter les signaux faibles

Les responsables d’équipe sont souvent les premiers à remarquer certains changements :

  • fatigue inhabituelle, irritabilité,
  • difficultés de concentration,
  • baisse d’engagement, repli sur soi,
  • diminution des performances.

L’objectif n’est pas à ce stade de poser un diagnostic, mais de savoir ouvrir le dialogue, écouter et orienter la personne vers les bonnes ressources lorsque cela s’avère nécessaire.

Favoriser une culture de confiance

Beaucoup de collaborateurs attendent que la situation soit devenue critique avant d’évoquer leurs difficultés.

Un environnement dans lequel chacun peut parler de ses préoccupations sans crainte de jugement ou de stigmatisation favorise une prise en charge plus rapide et limite souvent l’aggravation des problèmes.

Évaluer régulièrement la charge de travail

La prévention passe également par une réflexion sur l’organisation.

Certaines situations augmentent les risques de fragilité psychologique :

  • surcharge chronique,
  • manque d’effectifs,
  • objectifs irréalistes,
  • manque d’autonomie,
  • conflits persistants,
  • absence de reconnaissance.

S’attaquer à ces facteurs contribue souvent davantage à la prévention que de simples mesures de sensibilisation.

Encourager le recours précoce à un soutien professionnel

Comme pour de nombreuses affections physiques, plus l’accompagnement intervient tôt, plus il est susceptible d’être efficace.

Informer les collaborateurs sur les ressources disponibles et les encourager à consulter avant qu’une situation ne devienne problématique constitue une démarche de prévention à part entière.

Mesurer pour mieux comprendre

Les entreprises disposent déjà de nombreux indicateurs utiles :

  • taux d’absentéisme,
  • absences répétées de courte durée,
  • turnover,
  • résultats d’enquêtes internes,
  • demandes d’aménagement du temps de travail,
  • difficultés éventuelles de recrutement si l’image de l’entreprise est atteinte.

Analysés dans la durée, ces indicateurs permettent souvent d’identifier des tendances et d’agir avant qu’une situation ne devienne chronique.
 

3. La prévention est aussi une stratégie de maîtrise des coûts

La santé mentale fait désormais partie des enjeux stratégiques des employeurs.

Préserver la santé psychique des collaborateurs permet non seulement de renforcer l’engagement et la qualité de vie au travail, mais aussi de limiter les conséquences économiques liées aux difficultés de santé et aux absences prolongées.

La prévention des troubles psychiques ne repose pas uniquement sur des mesures individuelles. Le sentiment d’appartenance à une équipe, la qualité des relations de travail et le soutien entre collègues jouent également un rôle important dans le bien-être professionnel. Lorsqu’un collaborateur se sent intégré, reconnu et soutenu, il est généralement mieux armé pour faire face aux périodes de stress ou aux difficultés personnelles.

Dans cette optique, HOTELA propose avec notre partenaire ITAO un programme de formation visant à lutter contre l’absentéisme. Au-delà du renforcement de l’équilibre, de la posture et des muscles stabilisateurs, ces ateliers pratiques favorisent également la cohésion d’équipe. L’objectif est de développer simultanément la santé physique, l’engagement collectif et la qualité des interactions au sein des équipes.

Lorsque malgré tout une incapacité de travail survient, l’accompagnement du collaborateur reste essentiel. C’est pourquoi HOTELA propose également des solutions dédiées à la gestion des absences, à l’accompagnement des situations complexes et à la préparation du retour au travail, détaillées dans un précédent article.

Investir dans la santé mentale représente un effort. Ne rien faire représente également un coût.

Chaque absence évitable, chaque situation détectée plus tôt et chaque retour à l’équilibre favorisent non seulement le bien-être des collaborateurs, mais contribuent aussi à préserver la continuité de l’activité de l’entreprise.

Une meilleure prévention participe à la maîtrise des coûts liés à la santé, à l’absentéisme et aux primes d’assurances.

La véritable question n’est donc peut-être pas :

Combien coûte la prévention ?

Mais plutôt :

Combien vous coûterait l’absence de prévention ?
 

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